Portrait n°2

Flora le Saint

Parisienne selon le « mood »

Toi, en quelques mots ?

Je m’appelle Flora Le Saint, j’ai 28 ans. Depuis 2016, je m’occupe de la communication, du digital et de la presse pour l’Officine Universelle Buly et le studio créatif Art Recherche Industrie, tous les deux fondés par Ramdane Touhami. J’ai fait une partie de mes études à Toronto et New-York. Niveau temps libre, je prends quelques photos et j’écris quelques poèmes.

Ton moyen de transport au quotidien ?

Le vélo à 90%. Mon mec fait tout à vélo lui aussi. Mais je ne suis pas contre un tour en scoot, de temps en temps c’est sympa. En copilote seulement, je n’ai pas le permis. Ça va faire deux ans que j’ai mon vélo à Paris. Quand je suis arrivée ici, je me suis dit c’est trop dangereux, je ne connaissais pas assez la ville. Donc au début je n’en faisais pas et en fait ça m’a trop manqué. Et puis c’est tellement facile.

Le vélo, mode de déplacement ou style de vie ?

Ça en devient presque un style de vie. Je ne m’imagine pas sans. J’aime la liberté que ça apporte dans le mouvement. Ça rend tous mes trajets agréables. Je suis contente de prendre mon vélo le matin, le soir, je sais que je peux aller n’importe où, que je n’ai pas à me soucier des horaires, que je n’ai pas à regarder comment je vais quelque part. J’aime bien aussi me perdre dans Paris, ne pas me servir du GPS. Ça me fait un petit challenge.

Quel type de vélo utilises-tu ?

Il est à mon image, un peu vintage, un peu cassé, il a un frein en moins et les pneus sont à plat. Je le pousse un peu à bout. Quand il siffle un peu trop, je le répare, mais je ne le ménage pas beaucoup, et moi non plus d’ailleurs. Il a une bonne couleur, il est marrant. Je l’ai acheté sur Le Bon Coin à une Parisienne. Avec, je monte à Belleville, ça tire un peu sur les jambes mais ça va.

Tu t’habilles comment à vélo ?

Je m’habille vraiment selon le mood du matin, je ne fais pas trop attention. Je porte moins de talons qu’avant mais je mets quand même des robes, des pantalons larges. Je me mets un peu en danger parfois avec mes looks. Mais bon je prends le risque, et jusqu’ici tout va bien.

Quels accessoires ne te quittent jamais ?

Mes clés, mon téléphone, mes cigarettes malheureusement. Et en fonction de ce que je fais dans la journée, un bouquin, un stylo, un bout de papier.

Quel type de sac utilises-tu ?

Des sacs pas du tout adaptés dont je n’arrive pas à me dépêtrer. Je suis toujours en train de les déplacer du guidon au porte-bagage. J’ai un petit tendeur qui me permet de transporter deux ou trois courses. Sinon un gros manteau avec de grandes grandes poches.

La mode : un peu ? Beaucoup ? Passionnément ?

J’aime m’habiller. J’aime varier, donc j’ai un style très différent d’un jour à l’autre. En générale j’ai un style un peu garçon, tomboy et quand je suis d’humeur plus joyeuse, je suis plus coloré, plus fleuri. J’aimerai éviter les modes du moment mais j’y reviens toujours un peu. J’essaie aussi de changer la façon dont j’achète, moins fast fashion, pour des vêtements qui vont me durer longtemps ou de seconde-main. Mes marques préférées sont plutôt bien ancrées dans cette vision.

Le vélo à Paris qu’en penses-tu ?

C’est paradoxal, parce que je suis hyper contente de voir autant de monde à vélo, et à la fois ça me rend dingue. Entre les grêves et le confinement, c’est parfois un peu dangereux. Mais le meilleur moyen de profiter de ta ville, ça reste quand même à vélo. Ce que je préfère c’est clairement pas les grandes avenues. Les quais à la limite c’est hyper joli, mais j’adore tourner à droite, à gauche, zigzaguer dans les petites rues. Il y a un problème à Paris c’est que tous les modes de transport se détestent mutuellement. Entre vélos, scooters et voitures, on s’envoie des saloperies en permanence. Et chacun est persuadé d’avoir raison. Je m’engueule assez souvent pour être honnête, ce qui surprend toujours un peu, les gens ne s’attendent pas à une nana qui parle fort.

Tes bons plans pour un week-end à Paris ?

La boutique Buly rue Bonaparte ! Le marché des Enfants Rouges. N’importe quelle bibliothèque parisienne. Le Musée de la Vie Romantique. Le Musée Rodin. En resto, Sesto Senso à Strasbourg Saint-Denis, c’est une italienne que j’adore. Elle est hyper folklo. Si tu viens pour dîner tranquillement avec un ami t’es foutu, elle finit par te tenir la jambe à tous les coups. Sinon, j’adore Urfa Durum et Avesta, les meilleurs kurdes du quartier. La nuit, je traîne plutôt dans des bons PMU. Au Bailly, tu peux mettre la musique que tu veux, il faut bien chopper les platines parce qu’il y a toujours la jeunesse qui veut mettre du Aya Nakamura. Quoique, je suis souvent la première à danser dessus.

Lequel des modèles ann/so préfères-tu ?

Tako N°4, le plus « baby », parce que j’ai tendance à voyager léger, avec les poches toujours pleines à craquer…

Portrait chinois

Une ville?

Tokyo

Un moment de la journée ?

entre chien et loup.

Une couleur?

Vert

Un objet?

n’importe quel stylo

Une femme célèbre:

une soeur Brontë

Une plante?

un tournesol

Un livre?

Joan Didion, L’Année de la pensée magique

Si tu étais un bruit, un son:

la ville

Si tu étais une odeur, un parfum:

verveine ou romarin

Si tu avais un super pouvoir:

voyager dans le temps